Chernobyl est une mini-série télévisée dramatique historique en cinq épisodes créée et écrite par Craig Mazin, réalisée par Johan Renck et issue de d’une coproduction entre HBO et la chaîne de télévision britannique Sky. Elle décrit la catastrophe nucléaire de Tchernobyl survenue en avril 1986 en Union soviétique et les efforts de nettoyage sans précédent qui ont suivi.

Il n’y a parfois rien de plus terrifiant qu’une histoire vraie. Pas besoin d’aller inventer des monstres ou des phénomènes surnaturels pour avoir froid dans le dos. C’est ce que nous prouve Chernobyl, du nom anglais de la ville située en Ukraine. Cette mini-série reconstitue la catastrophe nucléaire de 1986 et sa gestion par les autorités soviétiques. Un récit glaçant de précision.

Cette année-là, dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, un des réacteurs de la centrale de Tchernobyl explose. C’est la plus grande catastrophe nucléaire de l’histoire. L’accident a eu des conséquences sanitaires et écologiques gravissimes, ainsi qu’économiques et politiques. Si elles sont difficilement quantifiables avec précision, il est avéré que plus de 200 000 personnes ont été évacuées définitivement de la zone contaminée.

Alors que c’est un drame récent de notre histoire, il est effarant de réaliser à quel point on en connaît assez peu sur le sujet, et combien nous sommes passés près d’une tragédie encore bien plus grave. Récit détaillé de l’explosion et de ses retombées, Chernobyl se concentre à la fois sur les errances de badauds devenus victimes et le peu d’actions menées par des politiques aveuglés par la supposée grandeur d’une Union Soviétique à bout de souffle.

À l’époque, l’Union soviétique a déjà beaucoup perdu de sa splendeur passée, et est dirigée depuis peu par Mikhaïl Gorbatchev. Ce contexte géopolitique instable va beaucoup jouer dans la suite des événements. À Tchernobyl, les habitants sont habitués à la centrale et quand un incendie s’y déclare, les pompiers s’y rendent sans sourciller. À ce moment-là, personne n’ose imaginer que c’est un des réacteurs qui a explosé. Ni les dirigeants du lieu, encore moins la population. Dans la série, les événements sont retranscrits presque minute par minute, alors que chaque voix qui tente de révéler la terrible vérité est balayée d’un revers de main, accusée d’affabuler.

Chernobyl montre la chaîne de décisions mise en place dans les heures et jours qui suivent la catastrophe, avec notamment le combat de deux scientifiques, qui tentent désespérément d’ouvrir les yeux des dirigeants et d’empêcher la situation de dégénérer. Ils sont incarnés par Jared Harris et Emily Watson. Car la série est tournée en langue anglaise, ce qui pourra choquer les puristes, mais donne une dimension universelle à la fiction, qui touchera plus facilement le grand public.

C’est surtout l’incroyable sacrifice humain nécessaire pour circonscrire au maximum la catastrophe qui nous bouleverse. En mêlant l’intime à la grande histoire, Chernobyl livre un récit aussi didactique que poignant, aussi instructif qu’haletant. Filmée comme une série d’horreur par le réalisateur suédois Johan Renck (Breaking Bad, The Walking Dead…), la série s’appuie sur une atmosphère extrêmement tendue et ne nous épargne aucun détail des corps irradiés. Ayez le cœur bien accroché pour vous lancer dans Chernobyl, vous n’en ressortirez pas indemne.

Source: LeParisien.fr