Horizon : Zero Dawn est un jeu vidéo de rôle et d’action en monde ouvert développé par Guerrilla Games et publié par Sony Interactive Entertainment pour la PlayStation 4. Après des années passées à faire rugir l’acier avec la série Killzone, les hollandais de Guerrilla osent repartir sur une feuille blanche. Pas moins de 5 années auront ainsi été nécessaires pour façonner l’organique univers d‘Horizon : Zero Dawn.

1000 ans séparent notre civilisation des premiers pas d’Aloy, héroïne d’Horizon. Les arrogants buildings qui faisaient la fierté de nos générations ont été dévorés par la nature. Le lierre, la roche, l’humus ont repris leurs droits. L’homme rendu à l’âge de pierre n’est ici que toléré, tandis que les nouveaux maîtres de ce monde sauvage sont fait de métal et griffent la terre avec autorité.

Un millénaire où la vie a retrouvé son rythme… avant qu’une récente corruption inexpliquée rende folles les machines. Un compte à rebours s’est enclenché qui pourrait bien voir cette nouvelle humanité encore balbutiante définitivement rayée des tablettes. Comment tout cela a basculé ? Pourquoi et par qui les machines ont-elles été corrompues ? Cette fresque épique à mi-chemin entre science-fiction et héroïc-fantasy ne fait que débuter…

Avant de s’intéresser au mystère entourant la naissance d’Aloy, Horizon raconte avant tout l’histoire de l’Homme. De ses rêves fous. Des ravages d’une science sans conscience. De la renaissance hésitante d’une espèce jadis arc-boutée sur ses certitudes. De la place des religions dans nos sociétés, des fondements des croyances et leurs approximations qui peuvent définir des vies. De la quête de savoir, et d’identité. Avant même d’évoquer sa réalisation, ses mécaniques et son intérêt général, Horizon : Zero Dawn réussit déjà un premier exploit : parvenir à proposer une oeuvre de science-fiction certes sans trouvaille tonitruante, mais portant un regard diaboliquement acéré sur ce qui pourrait nous attendre.

Pour Guerrilla, père de la sombre et belliqueuse licence Killzone, les enjeux sont énormes. Nouvelle licence, nouvelle héroïne, nouveau moteur graphique, nouveaux codes en passant du FPS à Action-RPG en open-world… 5 années de travail acharné pour boucler ce projet gargantuesque avec à la clef l’un des jeux les plus aboutis et mieux finis de cette décennie. Quelle démonstration de maîtrise technique et artistique. Quelle générosité dans la variété des lieux traversés, des situations proposées, ou des manières d’aborder son aventure.

Fière, sans tomber dans le cliché de l’héroïne bravache, Aloy impose ainsi sa classe sans chichi, mettant en avant son humanité, ses doutes, comme sa force de caractère. Incarner cette jeune femme est en tout point un honneur. Après l’ouverture où l’on s’attache à la petite fille, on ne peut qu’aimer la femme et embrasser les enjeux de son périple. Aloy respire l’intelligence et sa quête a du sens.

Vous aurez ainsi à mener des enquêtes, à scanner des pistes, à remonter le fil d’événements passés. Vous partirez chasser, vous lancerez des affrontements groupés, dirigerez des armées à la guerre, ou bien tenterez de réunir des familles décimées. Les objectifs alternent ainsi du massif, à l’intime avec aisance contribuant à rendre l’expérience admirablement rythmée. Dans ce jeu, vous comprendrez rapidement que c’est bien vous la proie des robots, et non l’inverse. Les affrontements peuvent vite tourner au massacre tant les plus redoutables robots-dinos se montrent véloces, agressifs et puissants. Pire, ces derniers font preuve d’une solidarité sans pareil, et se déplacent essentiellement en meute.

La galerie d’adversaires brille par un soin constant du design, de l’animation tout terrain et d’une certaine élégance bestiale. Rien de plus jubilatoire que de parvenir à leur faire mordre la poussière après une joute féroce, ou en piratant leur système pour les voir se retourner les uns vers les autres.

Horizon sait prendre son temps, et varier les plaisirs. En comprenant que pour donner du rythme, il fallait ménager des temps plus calmes, l’aventure alterne en permanence entre séquences chocs et exploration contemplative. Les amateurs de randonnées bucoliques auront ainsi de quoi faire fondre leurs rétines tant les paysages offerts se révèlent grandioses. Le dépaysement est total, et surtout sans cesse renouvelé (grands canyons, villes désertées, forêts, cavernes, montagnes…) avec des ambiances westerns, médiévales, nordiques….

Horizon : Zero Dawn est élu « Meilleur nouveau jeu » des Game Critics Awards lors de l’E3 2015 et celui de 2016. Le jeu décroche trois lauréats à l’occasion du 35Golden Joystick Awards. Le premier lui revient pour son scénario, le second parce qu’il est considéré comme le « Jeu de l’année sur PlayStation », et le dernier est plus particulièrement décerné à Ashly Burch pour la qualité de son interprétation.

Quel voyage ! Quelle démonstration technologique et artistique, un titre en open-world total sans le moindre temps de chargement une fois lancé dans l’aventure. Plusieurs fois j’ai été écrasé par la générosité visuelle et ludique du jeu. Plusieurs fois je me suis demandé quels efforts surhumains les équipes de Guerrilla avaient dû déployer pour accoucher d’une telle oeuvre si riche, si dense, si belle et si peaufinée. L’aventure d’Aloy ne fait que débuter.

SourceGameBlog.fr