En 2014, le lecteur découvrait Pierrot, Mimile et Antoine, trois septuagénaires qui deviendront, en trois ans, les papys les plus drôles du 9e art. La série jouissive Les vieux fourneaux, créée par le tandem Patrick Cauuet au dessin et Lupano Wilfrid au scénario, met en scène les trois trublions toujours lancés dans de sacrés périples relevant de la comédie humaine et sociale.

Wilfrid Lupano a trouvé le titre de la série dans une chanson de Georges BrassensLe Temps ne fait rien à l’affaire: “Quand ils sont tout neufs, qu’ils sortent de l’œuf, du cocon, tous les jeunes blancs-becs prennent les vieux mecs pour des cons. Quand ils sont devenus des têtes chenues, des grisons, tous les vieux fourneaux prennent les jeunots pour des cons“.

Dans le premier tome, Ceux qui restent, les trois amis se lancent sur fond de choc des générations et lutte des classes, dans un road movie vers la Toscane. Enceinte jusqu’au cou, la petite-fille d’Antoine se joint à la troupe insolite pour une odyssée drôle et touchante à la fin inattendue. Au fil des aventures, les joyeux drilles seront accompagnés par une bande d’anars malvoyants et tant d’autres personnages pittoresques.

Dans La Magicienne, le quatrième volet de leurs aventures sorti le 10 novembre, le projet d’extension d’une entreprise pour relancer l’économie de la région dans leur village va de nouveau leur fournir l’occasion de tout chambouler. On a découvert dans la région une sauterelle protégée par l’Europe, la magicienne dentelée. Une ZAD (zone à défendre) s’installe, ce qui va créer des dissensions entre les soutiens de l’insecte et ceux du développement économique.

Tragique la vieillesse? Pas sous le trait de Patrick Cauuet et le scénario de Lupano Wilfrid. Sans tabou, jouissive, la seule bande dessinée qui met en scène des héros au grand âge, va être adaptée au cinéma.

Dégingandés, croulants, pétris d’arthrose, cabossés ou malvoyants, nos personnages n’en demeurent pas moins vifs et prêts à en découdre. Une vitalité relayée par le graphisme nerveux et expressif de Paul Cauuet ainsi que par l’alternance des cadrages de la planche. Sans oublier les couleurs sobres et lumineuses qui mettent en exergue le caractère bien trempé de nos héros du troisième âge. Côté dialogue, une verve à la Audiard marquée au sceau de la modernité, de la jovialité inhérente à la vie des cafés encore vivants des villages.

La série est en cours, et quatre albums ont été publiés. Chaque tome est centré sur l’histoire d’un des personnages principaux : le premier tome sur Antoine, le second sur Pierrot, le troisième sur Mimile et le quatrième sur Sophie.

SourceLeFigaro.fr