Une prière avant l’aube est un film franco-britannique réalisé par Jean-Stéphane Sauvaire, sorti en 2018, qui retrace l’histoire vraie de Billy Moore, jeune boxeur anglais incarcéré dans une prison en Thaïlande pour détention de drogue.

Le spectateur s’en prend plein la figure. Et même si l’expérience est moins douloureuse que pour Billy Moore, détenu dans une prison thaïe à la fin des années 2000, elle n’en est pas moins intense pendant la projection. Dans cet enfer, il est rapidement confronté à la violence des gangs et n’a plus que deux choix : mourir ou survivre. Lorsque l’administration pénitentiaire l’autorise à participer à des tournois de Muay-Thai, Billy donne tout ce qui lui reste.

Le réalisateur Jean-Stéphane Sauvaire raconte les véritables épreuves subies par le boxeur anglais pendant ses deux ans d’incarcération en Thaïlande pour une affaire de drogue, et il ne fait pas dans la romance. Après avoir filmé la descente aux enfers d’enfants soldats en Afrique dans Johnny Mad Dog, il se penche sur la vie en suspens d’un boxeur anglais à l’histoire terrifiante, pris dans une spirale de violence au cœur de l’une des prisons les plus horribles de Thaïlande, Klong Prem.

Le quotidien, viols, bagarres, deals, est une invitation au suicide permanente. L’énergie que déploie alors Moore pour s’en sortir permet au cinéaste de filmer la détresse et l’espoir dans un même mouvement. Il signe une ode et un hommage remarquable à la volonté de fer d’un homme au pied du mur.

Le cinéaste choisit de limiter son adaptation à la période d’incarcération, hormis une première séquence d’introduction assez rapide qui ne révèle pas grand chose sur le passé de Moore mais annonce déjà son caractère violent, nerveux et ses addictions à la drogue.

Si la boxe est au cœur du récit, Une prière avant l’aube est avant tout une expérience sensorielle éprouvante qui sonne comme un uppercut. La mise en scène de Sauvaire siphonne l’énergie de chaque plan pour exalter la rage de Moore que l’on sent prête à exploser à la moindre bousculade. C’est cette hargne qui lui permet de tenir bon. Puis vient le temps étrange de l’apaisement, lorsque le boxeur peut enfin renouer avec ce qui le fait avancer dans la vie : ses poings.

Élégant jusqu’au bout, Une prière avant l’aube est à la fois un immense film de boxe mais aussi un film de prison claustro à souhait, peint avec une grâce implacable. Autant de contradictions qui conduisent tout droit à bâtir un film dont on ressort exsangue et l’impression d’avoir vu un classique instantané, à la maîtrise formelle assez inouïe.

SourceAvoir-Alire.com