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Vernon Subutex

Vernon Subutex

Vernon Subutex est une série télévisée, créée par Cathy Verney pour Canal + en 2019. Il s’agit d’une adaptation de la trilogie de Virginie DespentesVernon Subutex, parue entre 2015 et 2017. La série est composée de 9 épisodes de 35 minutes, basée sur les deux premiers tomes de la trilogie.

Vernon Subutex (Romain Duris) n’en finit pas de chuter. Ce disquaire, qui régnait dans les années 1990 sur une boutique mythique, le Revolver, a perdu ses clients, son magasin, son appartement. A la rue, il reprend contact avec ses amis de la grande époque, afin de se dégoter un toit pour quelques nuits. Parmi eux, Alex Bleach, une rock star qui fait son comeback. Quand ce dernier meurt d’overdose, Vernon se retrouve seul, avec trois mystérieuses cassettes vidéo en héritage et, à ses trousses, La Hyène, femme de main d’un producteur de cinéma prêt à tout pour récupérer ces enregistrements.

A l’instar de la saga culte de Virginie Despentes, dont elle est librement adaptée, cette série signée Cathy Verney raconte l’errance du héros sur un ton doux-amer et dresse le portrait d’une génération désabusée. Elle traite du temps qui passe, des amitiés qui se délitent et se recréent parfois. Elle décrit une société atomisée, évoque la banalisation de l’extrême droite, la violence de l’économie de marché, la radicalisation religieuse, sans jamais juger. Brillant.

La musique est un personnage à part entière de la série. Elle nous offre une plongée dans l’univers du rock, dont Alex Bleach (Athaya Mokonzi) est la star. Elle est surtout le moyen d’expression et la botte secrète de Vernon Subutex. Grâce à elle, il comprend les gens qui l’entourent et il les reconnecte à eux-mêmes.

Les morceaux ont ainsi été intégrés au scénario dès l’écriture. Certains appartiennent au rock underground, d’autres sont des standards (signés Kim Wilde, Sonic Youth, Thugs, Janis Joplin…). Les titres ont été joués pendant le tournage pour aider Romain Duris à se glisser dans la peau de Vernon et permettre à la caméra de Cathy Verney d’épouser son rythme.

Le pari d’adapter en série la trilogie littéraire à succès Vernon Subutex était pour le moins audacieux, pour ne pas dire voué à un échec certain. En effet, les précédentes adaptations cinématographiques de Virginie Despentes (Baise-moi, Les Jolies Choses…) tendaient à prouver que l’auteure, son ton et son univers étaient tout simplement inadaptables.

Si la création originale Canal+, écrite et réalisée par Cathy Verney (Hard), co-écrite avec Benjamin Dupas (Dix Pour Cent), n’est pas la catastrophe crainte, elle n’a ni la puissance ni la profondeur de l’oeuvre originelle, peut-être parce qu’elle refuse, et c’est assumé, d’aller trop loin dans le glauque et la noirceur, leur préférant toujours la lumière et l’espoir. Il en reste une énergie, une vitalité, de beaux personnages complexes et une vision désenchantée mais pas désespérée de notre société.

Source: LeParisien.fr

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