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Yellow Cab

Yellow Cab

Après 20 ans sur des tournages de films et de séries, Benoît Cohen se sent vidé. L’enthousiasme s’est échappé. L’envie d’arrêter l’écriture et de poser un temps la caméra s’est tout entière emparée de lui. Lassé de réaliser des longs métrages et des séries pour le petit écran, Benoît Cohen, un Français exilé à New York, est en panne de motivation. Faire un break dans le milieu cinématographique s’impose et serait également l’opportunité d’aller chercher l’inspiration pour un prochain scénario dans le cœur même et la diversité de la mégalopole où se heurtent douceur et violence.

En 2015, cela fait un an qu’il réside à New-York et, pour se nourrir de la richesse de la métropole, il décide de devenir chauffeur de taxi. Dans une école du Queens, il apprend les ficelles du métier, fait la rencontre de ses futurs collègues (tous précaires, tous migrants…) et affronte le labyrinthe administratif qui mène à la licence de Taxi driver. Au volant de l’emblématique Yellow Cab, il arpente big Apple, observe les visages de ses milliers de passagers, discute… et fait régulièrement face aux préjugés qui entourent sa nouvelle profession. Ceux qui entraînent les clients, les flics et la ville entière à le considérer aléatoirement avec passivité, gentillesse ou agressivité…

Benoît Cohen voulait écrire un film. Pourtant, la matière qu’il extrait de cette expérience sociale le marque profondément et l’amène à emprunter des chemins insoupçonnés. Le projet se transforme en roman autobiographique intercalé de réflexions sur le processus créatif. En 2017, Flammarion publie Yellow Cab un ouvrage autobiographique signé Benoît Cohen, dans lequel il relate avec justesse et précision la parenthèse professionnelle qu’il s’est octroyée au profit d’ « un métier qui s’arrête lorsqu’on gare la voiture et que l’on dépose les clefs de contacts. »

Il prend dorénavant la forme d’une sublime bande dessinée grâce à Christophe Chabouté qui s’empare de cet épisode pour le retranscrire à travers un volumineux roman graphique. Véritable tournant et remise en question dans la carrière du cinéaste, le récit s’emploie à décrire minutieusement son itinéraire et ses rencontres, en passant par les nombreuses et lentes démarches administratives pour parvenir jusqu’à la délivrance de la fameuse et tant convoitée licence de chauffeur de taxi. Le trajet se poursuit au coté du conducteur, le lecteur devenant le témoin privilégié de ses courses ainsi que des bavardages intimes avec sa clientèle dont il espère se nourrir pour alimenter le script d’un futur film.

Le rêve américain existe, mais il montre vite sa réalité et ses limites. Une aventure sensible, profondément humaine, devenue livre au graphisme époustouflant, un réel plaisir visuel qui rend un vibrant hommage à la plus célèbre des cités américaines. Une belle atmosphère, une mise en lumière d’acteurs new yorkais habituellement invisibles, des noirs et blancs superbes…

Source: BdGest.com

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